Joué-lès-Tours

Joué-lès-Tours est une ville de la banlieue Sud de Tours. Ses habitants sont appelés, à tort, les Jocondiens, les Jocondiennes. En effet, ce gentilé provient du terme Jocundiacensis Domus, attribué à Grégoire de Tours, qui ne désigne pas Joué.
Elle a porté les noms de: Gaudiacus vicus  (VIe siècle, Grégoire de Tours), Gaudiacum (930, charte de Saint-Martin), Gaudiacus (987, diplôme de Charlemagne), Joiacus, ecclesia Joiaci (1119, charte de Gilbert, archevêque de Tours), Parochia de Johe, de Joeto (1233, charte d'Albéric, doyen de Saint-Martin), Parochia de Joeto (1258 et 1296, chartes de Bois-Rahier), Joeyum (1290, pouillé de Tours), Johe (1300), Joeyum (1342, cartulaire de l'abbaye de Beaumont), Joüé (XVIIIe siècle, carte de Cassini), Joué (1820, carte de l'état-major), Joué-lès-Tours (arrêté du 21 juillet 1848).
Vers 900, Charles le Simple a donné ce territoire au chapitre de Saint-Martin de Tours. En 732, Charles Martel y a vaincu les Sarrasins d'Abd al-Rahman. Cette bataille, dite bataille de Poitiers a eu lieu au niveau des Landes de Charlemagne.
Coordonnées GPS de Joué-lès-Tours: 0°39'45"E - 47°21'05"N
Code INSEE: 37122 - Code postal: 37300 - Superficie: 3241 hectares
Altitudes: de 44 à 96 mètres
Cours d'eau: le Cher, le Petit Cher, le Pissot
L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul a été construite en 1866-1868, dans le style néo-gothique, selon les plans de Gustave Guérin, architecte diocésain. Sa première pierre a été posée le 9 avril 1866 et elle fut consacrée le 2 août 1868 par Mgr Joseph Guibert, archevêque de Tours. Elle a remplacé un édifice du XIIe siècle qui avait été remanié en 1521.
Elle comprend trois nefs séparées par des colonnes semi-monolithes. Le chœur présente deux chapelles à chevet plat.
Cette dalle funéraire du XIVe siècle, provenant de l'ancienne église de Joué, est exposée dans cet édifice depuis octobre 2014. Elle représente, dans un arc trilobé orné de fleurons, un ecclésiastique reconnaissable à sa tonsure, son aube et son étole. Les inscriptions sont: en haut, HICIACET:DEFVNCTUS : D(OMI)N(U)S (Ci-gît le défunt seigneur); à droite,  (RE)CTOR:ECCL(ESIAE)DE:IO(E)YIO: (curé de l'église de Joué); à gauche, (AN)NO:D(OMI)NI:MCCC:XXXIII:ANIM(A EIVS ?) RESQ(VIESC)AT :IN:PACE:AME(N) (an du seigneur 1333, que (son) âme repose en paix, amen).
Les vitraux sont des œuvres du maître-verrier tourangeau Lucien-Léopold Lobin. Celui-ci date de 1868.
L'église Marie-de-l'Incarnation (XXe siècle) se trouve dans la rue de Chambord.
Le château privé de Beaulieu (XVIIIe siècle) est composé de deux corps de logis, l'un carré et l'autre rectangulaire. Les toits, couverts d'ardoises, sont à la Mansard. Sa chapelle dédiée à l"Assomption, bénite le 30 mars 1748, a été démolie après 1780 pour être transformée en salle-à-manger.
Le château privé de Rigny, également du XVIIIe siècle, a été agrandi en 1857, vers l'Est, d'un corps de bâtiment avec une aile en retour d'équerre. Le péristyle Sud date du XIXe siècle.
Le manoir privé de La Frazelière a été bâti au XVIIe siècle pour Pierre de Toulieu, médecin à Tours. Jusqu'en 1903, il était appelé le manoir de La Petite-Rabière. Le logis est à deux niveaux, et les combles sont éclairés par trois lucarnes à ailerons. Un petit campanile, plus ancien, est visible sur l'arrière de la maison. Les piliers de sont portail sont ornés de panneaux moulurés et couronnés de vases. La porte métallique est surmontée par une traverse avec arabesques.
Le château des Bretonnières a été construit au XVIIIe siècle puis rénové en 1864. A cette époque, les lucarnes sont remplacées par des baies plus hautes à fronton triangulaire, et les ailes cèdent la place à deux pavillons avec des lucarnes à fronton cintré. Enfin, une tourelle abritant un escalier prend place au centre de la façade, surmontée elle aussi par une baie identique.
Le château privé de L'Épan, édifié en 1820, a remplacé un château construit en 1518 par Jacques de Beaune.
La ferme de La Liodière, ancien fief, possède un remarquable pigeonnier carré du XVIe siècle. Cette fuie, haute de cinq mètres et construite sur quatre arcades en plein-cintre épaulées par de petits contreforts, renferme 380 boulins (nids de pigeons). Le toit, en pavillon, est couvert en tuile et est surmonté par un lanternon couvert en ardoise.
Près de La Liodière, la ferme de Baugé (XVIIIe siècle) a conservé son pigeonnier carré dont le toit est surmonté par un lanternon.
Du château privé de La Crouzillière (XVIe siècle), en grande partie démoli en 1838, il ne reste qu'un corps de logis élevé d'un rez-de-chaussée et d'un comble mansardé, et trois tours rondes coiffées de toits coniques. Le rez-de-chaussée de la tour Nord servait de chapelle. Au XVe siècle, c'était un fief relevant de Plessis-lès-Tours, puis du château de Tours.
Son pigeonnier cylindrique a été détruit en 1970.
Le château privé de La Marbellière date du début du XIXe siècle.
Mais il possède un portail en plein cintre (à l'Ouest du parc) du XVIIe siècle. Il est surmonté par un fronton courbe ornés de volutes et d'éléments floraux. Un devise latine, Quasi Transeuntes (Nous sommes tous des voyageurs), y est inscrite
Dans son parc, on trouve un pigeonnier cylindrique.
Le château privé de Taillard a été édifié aux XVIIe et XVIIIe siècles.
Le château du Clos-Saint-Victor a été construit de 1875 à 1890 pour le comte Jean Sabran-Pontevès. C'est lui qui, en 1906, donna ce nom à sa propriété de La Maucannière.
Dans son parc, la tour de La Maucannière est bâtie sur la base d'un ancien moulin. Cette tour appartenait à une maison forte du XVIe siècle dont les vestiges ont disparu dans un incendie vers 1875. Il y existait une chapelle.
Le manoir privé de Chérizy a été appelé, jusqu'en 1940, Le Pavillon. Il fut construit puis modifié entre les XVe et XVIIIe siècles.
Sa chapelle se trouve dans une tourelle jouxtant sa grange qui abrite un pressoir. Plus loin (7 rue de Chérizy), on voit une porte cochère en bois. A sa gauche, la porte piétonne a été murée.
Le manoir privé de La Borde (XVIIe et XVIIIe siècles) a été agrandi de deux ailes au XIXe.
Le manoir privé de La Bouchardière, bâti aux XVIIe et XVIIIe siècles, possède deux ailes en retour d'équerre. Son comble à la Mansard est éclairé par trois lucarnes à fronton courbe. Deux autres, plus petites, sont plus récentes. Au XVIIe, il portait le nom du Petit-Isernay. Sa chapelle, dédiée à saint Claude, date de 1689. Sa porte est surmontée par oculus muni d'une petit vitrail orné d'un écu soutenu par deux lions, et décoré d'une croix et deux étoiles d'or, armes de la famille Dumas de Polard.
Le manoir privé de La Chaumette, reconstruction du XIXe siècle, a été très remanié au début des années 2010 (ouvertures, cheminées). De plus, il a perdu son aile Sud. Le poète Saint-John Perse y a séjourné en juillet 1922. Ce manoir fut une propriété de l'union des Gueules cassées de la guerre de 14-18.
Le manoir privé de La Mazeraie (XVIIIe siècle) a conservé deux tours cylindriques de l'enceinte du XVe. La base de la tour du Sud-Est abrite un oratoire. Une cheminée de La Rotière, de 1623, a été réinstallée dans ce manoir. Son linteau, sa corniche et sa hotte sont entièrement peints. Sur le panneau central, une scène représente Diane surprise nue au bain par Actéon. Sur le côté gauche de la hotte se trouve cette sentence: Plus penser que dire.
Le château privé de L'Auberdière a été édifié au XVIIIe siècle. (CPA collection Pascal Calmettes)
Le manoir privé de La Coudraye (XVIIe siècle) a été agrandi au XIXe siècle. La porte du parc et les deux pavillons d'angle sont aussi du XVIIe. L'écrivain Jean-Nicolas Bouilly est né à La Coudraye, le 23 janvier 1763. (CPA collection Pascal Calmettes)
Le logis privé de La Blotterie est une ancienne propriété de la collégiale Saint-Martin de Tours.
Son pigeonnier carré (XVIIIe siècle) possède un toit surmonté par un lanternon octogonal couvert d'ardoises.
Sur le Petit-Cher, les vestiges d'un pont du XIIIe siècle appelé l'Arche-du-Pin ont été conservés. Ce pont était composé de trois arches en plein cintre.
La carte postale date du début du XXe siècle. De nos jours (mars 2012), il ne reste plus qu'une seule arche de ce pont.
Près de ce pont, se trouve le manoir de Chavigny qui date du XVe siècle mais qui a été très remanié au XIXe siècle.
Près du château des Bretonnières, le lac de Joué-Ballan (ou lac des Bretonnières, créé en 1976), d'une superficie de 20 hectares, permet de s'adonner aux loisirs aquatiques: voile, baignade, pêche, ...
On pouvait y voir une belle toue cabanée.

A voir
  • Les églises contemporaines: Notre-Dame-de-La-Paix (1966, bénite le 25 juin 1967 par Mgr Louis Ferrand, comporte une salle en forme de croix et deux clochers, une flèche en cuivre et un clocher-mur supportant trois cloches offertes par une église d'Algérie) et Saint-Joseph.
  • Le manoir privé de La Closerie de Beauregard (XVe siècle, refait en partie au XVIIe siècle). La petite chapelle a conservé sa charpente avec entraits ornés d'engoulants.
  • La gentilhommière privée de La Girarderie (XVIIe siècle) présente des lucarnes à fronton triangulaire et ailerons à petites spirales. Sa chapelle a été détruite dans les années 1960.
  • La gentilhommière privée du Pin, reconstruite au XVIIIe et XIXe siècles, a conservé des éléments du XVe dans son mur de clôture. Dans son parc, une cave du XVe, présentant un plan en forme d'église (caveaux latéraux, transept et abside) est voûtée sur croisées d'ogives.
  • Le Grand-Fourneau (XVIIe et XVIIIe siècles) est une maison de maître de construction quadrangulaire dont les combles à la Mansard sont éclairées par de hautes lucarnes. Il a conservé un portail à fronton triangulaire du XVIIe.
  • La maison privée de La Lizardière (1714) comprend un corps de logis central éclairé par quatre fenêtres, prolongé de part et d'autre par une tourelle quadrangulaire percée d deux fenêtres et couverte en pavillon.
  • La maison privée de Franc-Palais comprend deux bâtiments. Le plus bas date du XVIIIe siècle. L'autre est un pastiche, en brique et tuffeau, de la première moitié du XXe siècle (vers 1920).
  • Le Pont-aux-Oies, sur le Petit-Cher, date du XIVe ou du XVe siècle.
Patrimoine disparu
Le manoir de La Rotière (ou La Rothière), démoli en 1962, est une ancienne propriété de la collégiale Saint-Martin de Tours. Une de ses cheminées, de 1623, a été réinstallée dans le manoir de La Mazeraie.
Le château de La Rabière (ou de La Grande-Rabière) avait été bâti au XVIe siècle pour Pierre Thévenin qui fut maire de Tours en 1511-1512. Il fut restauré au XVIIe (restauration complète) puis au XIXe siècle (façade ouest). Le 26 janvier 1967, un incendie endommagea sa façade Ouest et une partie de sa toiture. La ville de Joué avait acheté le domaine pour en faire une Z.U.P. et ne s'occupa pas du château de 1955 à 1970.
La fontaine de La Carre fut construite sur ordre de Louis XI (1475) afin d'alimenter en eau son château de Plessis-lès-Tours. En 1685, après modifications, elle a aussi alimenté le couvent des Minimes du Plessis, l'Hôpital de la Charité et l'abbaye de Beaumont-lès-Tours. Faute d'entretien, elle était inutilisable à la fin du XVIIIe siècle. Elle fut rasée, en catimini, en 1967.

Lieux-dits: Beaugé, Beaulieu, Bois-Bonnevie, Bois-Héry, Bois-Ripault, Cercelé, Chavigny, Franc-Palais, Glatinet, Grand-Trizay, La Barachonnerie, La Bareusie, La Bâtarderie, La Béjauderie, La Belangerie, La Belonnière, La Billette, La Binetterie, La Blotterie, La Bondonnière, La Bonnetière, La Borde, La Bouchardière, La Brosse, La Chartrie, La Chaumette, La Coudraye, La Couloiterie, La Crousillère, La Douzillère, La Ferronnerie, La Folie, La Fosse-aux-Sangsues, La Gagneraye, La Gautraye, La Girarderie, La Gitonnière, La Grande-Bruère, La Grange, La Greneraye, La Guillotière, La Liodière, La Marbellière, La Marchanderie, La Mauclergerie, La Mazeraie, La Petite-Charlotterie, La Petite-Guillotière, La Petite-Pépinière, La Pigerie, La Rabaterie, La Rabière, L'Arche-du-Lude, La Rotière, La Roulière, La Sainterie, La Seigneurie, La Touche, La Treillerie, La Troue, L'Auberdière, L'Aubraye, La Vallée-Violette, La Vieille-Carte, Le Bois-Brûlé, Le Breuil, Le Bridou, Le Carroir-Fouché, Le Chesneau, Le Clos-Neuf, Le Clos-Saint-Victor, Le Fourneau, Le Grand-Bourreau, Le Grand-Mareuil, Le Grand-Porteau, Le Grand-Romain, Le Gravier, Le Larvoir, Le Mauvais-Chemin, Le Morier, L’Épan, Le Pavillon, Le Petit-Beaumont, Le Petit-Bourreau, Le Petit-Fort, Le Petit-Mareuil, Le Petit-Moron, Le Petit-Romain, Le Pin, Le Pont-aux-Oies, Le Pont-Volant, Le Porteau, Le Puits-Tessier, Le Réservé, Le Tailhard, Le Val-Violet, Le Verger, Les Barons, Les Bercelleries, Les Bretonnières, Les Brosseaux, Les Brûlots, Les Champs-Millard, Les Étangs-de-Narbonne, Les Landes-de-Charlemagne, Les Landes-du-Passoir, Les Maupointières, Les Métiveries, Les Pinassières, Les Quatre-Bornes, Les Rentes, Les Roncières, Les Rosiers, Les Ruaux, Les Ruaux-de-la-Croix, Les Tarinières, Les Vaux, Les Voûteaux, L'Ormeau-du-Bon-Chou, Maison-Neuve, Mignonne, Narbonne, Penavet, Petit-Trizay, Pont-Cher, Rigny, Roquille, Saint-Léger, Vaugarny
    Communes voisines: Artannes-sur-Indre, Ballan-Miré, Chambray-lès-Tours, La Riche, Monts, Tours, Veigné
    Blason de Joué-lès-Tours

            2 commentaires:

            1. Magnifiques photos ! Que de richesses sur Joué sur Joué, et que de beaux arbres ! Dommage qu'on ne puisse pénétrer ces lieux... Merci pour cette compilation.

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            2. la fontaine de la carre existait toujours en 1973 au moins;

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