Crissay-sur-Manse

Crissay-sur-Manse est un vieux village du sud de la Touraine. Ses habitants sont appelés les Crisséens et les Crisséennes.
Il a porté les noms de: Chrisseium (850, cartulaire de Cormery), Crissiacum (vers 1080, cartulaire de Noyers),  Crisseium (1184, charte de Barthélémy, archevêque de Tours), Crissé (XIIIe siècle, cartulaire de l'archevêché de Tours), Crissayum (1386, charte de Saint-Martin) et, enfin, Crissay-sur-Manse (18 septembre 1947).
La châtellenie, relevant de L'Île-Bouchard, appartint successivement aux Turpin (de 1120 à 1630), aux Beauvau, à la duchesse de Mortemart et aux Choiseul-Praslin. L'ancien prieuré-cure dépendait du prieuré de Saint-Cosme-lès-Tours.
Coordonnées GPS de Crissay-sur-Manse: 0°29'08"E - 47°08'54"N
Code INSEE: 37090 - Code postal: 37220 - Superficie: 750 hectares
Altitudes: de 44 à 120 mètres
L'église Saint-Maurice (église souvent ouverte), construite au XVe siècle (nef, collatéral et base du clocher) et en 1527 (chœur carré et sommet du clocher), a été restaurée en 1867.
Au sud, le clocher, surmonté par une flèche de pierre octogonale, est épaulé par des contreforts d'angle plantés obliquement et éclairé, à l'étage du beffroi, par des fenêtres géminées en plein cintre, sauf à l'est, où se dresse une tourelle polygonale abritant une vis de pierre.
La nef, composée de trois travées voûtées sur croisées d'ogives à moulures prismatiques (comme le collatéral nord), est éclairée au sud par deux fenêtres à remplage flamboyant. Au sud aussi, s'ouvre une petite chapelle voûtée d'ogives placée sous le clocher.
Elle ne renferme qu'une seule verrière représentant saint Candide, saint Maurice et saint Exupère. Ce vitrail est signé par L. Lobin (Tours, 1869).
Ces trois saints se trouvent aussi sur une bannière de procession de 1879: saint Maurice sur l'endroit et, au revers, saint Exupère et saint Candide.
Une statue en bois de la Vierge (XVIIe siècle), appelée Notre-Dame de la Pitié, a été donnée à l'église en 1709. Elle provient de l'abbaye Saint-Sauveur-de-l’Étoile (Authon, Loir-et-Cher).
Le lavabo d'autel (ou piscine d'autel) permettait au célébrant des messes de verser l'eau de rinçage des vases sacrés.
Dans la sacristie, un enfeu est circonscrit par une arcade en plein cintre aux moulures ornées de motifs Renaissance. A l'origine, il devait abriter un gisant.
Il contient une inscription funéraire à la mémoire de Jacques Turpin, mort en 1520, de Catherine du Bellay, cousine du poète Joachim du Bellay, décédée en 1529, de quatre beaux-fils et une belle-fille.
Les ruines du château (XVe siècle) dominent le village. Il a été édifié sur les fondations d'une ancienne forteresse. Les pieds-droits de l'entrée principale, qui était protégée par une grande tour à quatre pans extérieurs, sont encore visibles. Le corps de logis, avec trois cheminées superposées et des portes donnant sur le vide, a perdu son angle nord-est. Par contre, il a conservé, au sud, deux ailes en retour d'équerre et, à l'ouest, un escalier abrité dans une tourelle en ruine. A l'est, une porte en arc surbaissé, dont les jambages forment quatre colonnettes, donne accès à un escalier qui mène à une salle: la Chambre rouge. L'étage supérieur est couvert d'une charpente en carène de bateau inversée. la façade nord du logis, la mieux conservée, est ouverte au premier étage par trois fenêtres divisée par un arc surbaissée et par une double croisée formée d'un meneau et de deux traverses de pierre. A chacune de ses fenêtres correspondent, au second étage, une autre baie à croisée simple. Au nord-ouest, la grosse tour d'enceinte semble avoir succédé au donjon du XIIIe siècle. Sous cette tour, se trouvait un très important ensemble de souterrains dont il subsiste une partie. A nord et au nord-ouest, les fortifications sont constituées par le rocher lui-même, séparé du coteau par une profonde tranchée.
La chapelle du XVe siècle, transformée en commun au XVIIIe siècle, présente une porte avec arc en tiers-point décoré de crochets, couronné par un fleuron et encadré de deux pinacles. Cette chapelle a perdu sa voûte et son chevet était percé par un oculus qui a été condamnée. Elle est accompagnée au nord par une petite chapelle latérale voûtée sur croisée d'ogives.
Sur le rocher, au nord, les communs (XVIe siècle) forment deux ailes en équerre dont la façade est flanquée d'une tourelle d'escalier quadrangulaire.
En se promenant dans les rues du village, on peut voir des maisons des XVe et XVIe siècles...
... mais, aussi, des habitations troglodytiques.
Dans la rue de la Porte-Bigot, on pourra apercevoir les vestiges des fortifications. La demeure privée, située au nord de cette porte (appelée le logis de la Poterne) a été bâtie au début du XVIe siècle puis reconstruite en 1545. Elle a conservé une fenêtre à croisée de pierre, une tourelle circulaire en encorbellement, à l'est, et un balcon à balustres de pierre. La porte Bigot fut démolie en 1882. C'était l'une des quatre portes fortifiées de Crissay avec les portes de la Motte, de Saint-Épain et du Puits-Auger.
Un manoir de 1536, appelé grand maison ou maison du grand carroi, se trouve dans la rue de Chinon. Son premier étage est éclairé par trois fenêtres à croisée de pierre. Le comble est percé par trois lucarnes à gâble plein.

D'autres demeures plusieurs fois séculaires sont visibles dans le bourg comme celles-ci: la maison à pans de bois (ou maison de la Forge) du XVe siècle, rue du Puits-Auger (1ère photo) et la "maison Gaby" de 1523, rue de Chinon (2ème photo).
La maison de la Forge, appelée également maison de Justice, présente un perron qui mène à une porte en arc surbaissé ornée d'une accolade à crochets surmontée par un fleuron. Sur la cour, une tourelle abrite un escalier à vis. Au XVIIe siècle, un bâtiment, avec le premier étage en colombage, fut ajouté au nord du logis.
La maison Gaby, dite aussi maison de Charles VII, a son étage, vers l'est, éclairé par deux fenêtres à croisée de pierre et son comble, par deux lucarnes à gâble triangulaire. A l'arrière, une tour quadrangulaire, renfermant un escalier à vis, flanque la façade ouest, percée d'ouvertures à double panneau.
Rue de l'église, ce logis privé (fin du XVe siècle) présente une fenêtre à croisée de pierre et une autre ouverture à meneau.
Le manoir privé de La Boisselière (XVIe siècle) possède, sur sa façade ouest, entre deux fenêtres inégales, un pigeonnier mural comprenant onze rangées de huit à quatorze boulins. L'angle nord-ouest du logis est flanqué d'une tourelle en encorbellement soutenue par un pilier quadrangulaire.
Le pigeonnier circulaire de La Fretonnière porte une date gravée sur une pierre au-dessus de sa porte: 1717. A côté de cette fuye, le logis est doté d'une tour qui fut crénelée dans les années 1950.
Près de La Fretonnière, on peut découvrir un autre pigeonnier cylindrique: celui du Puy-aux-Bœufs.
Le Grand-Moulin (privé), situé sur la Manse, était signalé en activité en 1621. Il fut un moulin à banalité jusqu'à la Révolution. A cette époque, il était un moulin à blé puis il devint un moulin à tan. Il a été modifié au début du XIXe siècle.
Au lieu-dit Les Marais, on peut observer l'ancienne fontaine des Huguenots.
La croix centrale du cimetière date du XVe siècle.
Il existe deux lavoirs à Crissay-sur-Manse, celui du bourg, en contrebas de l'église (1ère photo) et celui du lieu-dit Gruteau (de 1899), sur la route de Crouzilles (2ème photo).
Dans la rue du Château, ce graffiti (XVIIe siècle), gravé sur le linteau d'une porte murée, indique: 16 Hostel des Anglois 81.
Dans la rue du Puits-Auger, près de l'église, ce mur en moellons permet de découvrir le panel des couleurs que peut prendre le tuffeau de Touraine, de l'ocre soutenu au blanc.

A voir:
  • Le logis privé de Beaumonière (XVIe et XVIIe siècles)

Les lieux-dits: Carroi-de-la-Grange, Gruteau, La Boisaudaie, La Boisselière, La Chaume, Le Chêne-Fourché, La Davonnerie, La Fretonnière, La Grande-Croix, La Pinetière, La Pointe-Moreau, La Roche-Bourdeau, Le Coteau, Le Grand-Moulin, Le Puy-aux-Bœufs, Le Puy-Renault, Les Rageaux, Les Vallées, Maugonne

Communes voisines: Avon-les-Roches, Crouzilles, Neuil, St-Epain
Blason de Crissay-sur-Manse

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