Tours disparu

Tours Est

Le musée (à droite) et l'école des Beaux-arts (à gauche) se trouvaient sur la place Anatole France. La construction du musée a débuté en 1778 selon les plans de Jean Cadet de Limay. Il sera achevé par Bernard Mathias Guérin en 1827 et inauguré en 1828. L'école (aussi appelée l'école du musée) a été édifiée de 1878 à 1882 par les architectes Mizard et Delaire. Ces deux bâtiments ont été détruits en 1940.
La porte Rouline était située dans l'actuelle rue du Général-Meusnier. Elle se trouvait sous un logis du XVIe siècle. Trop étroite (moins de 3 mètres) pour permettre le croisement de deux véhicules, sa suppression fut décidée en 1817 mais sa destruction ne fut réalisée qu'en 1887.
A l'angle de la rue des Ursulines (jadis rue du Poitou) et de la rue Jules Simon, une maison a été bâtie au XIXe siècle, dans le style Renaissance, sur les terrains de l'ancien couvent Saint-Louis des Feuillants. Elle a porté les noms de: Hôtel des Sept Péchés Capitaux, Hôtel de la Baronne du Châtel et, plus simplement, Hôtel du Châtel. Ce logis a été détruit entre décembre 1969 et avril 1970.
Rue des Ursulines, l'oratoire Saint-Joseph (XVe siècle), construit en briques, était composé d'une nef voûtée d'un berceau en arc surbaissé et d'une abside semi-circulaire voûtée en cul-de-four. Il fut démoli en 1948. Un oratoire a été reconstruit en 1986.
En 1034, un pont en pierre et en bois est construit sur la Loire, en face du château de Tours, par le comte Eudes II avec l'assentiment du roi Henri Ier. Il est alors appelé le Pont d'Eudes ou le Vieux-Pont. Il a remplacé un pont de bateaux mentionné par Grégoire de Tours. Il comprenait 27 arches inégales de forme et de dimension. Entre la huitième et la neuvième arche, une petite île portait des maisons et une église élevée par les moines de Marmoutier et dédiée à saint Cyquault. En 1422, le pont est en partie détruit pour arrêter l'avance de l'armée anglaise. Il est réparé en 1454. En 1458, des travaux sont effectués par Simon Chouyn. Au début du XVIe siècle, d'autres travaux sont réalisés par Guillaume Besnouard, Martin et Bastien François, Colas Jourdain et Yvon Martin. Des réparations sont faites, en 1557, par Pierre Martin et, en 1570, par Jehan Jouyn. En 1608, des arches sont rompues par les glaces. Des travaux sont effectués en 1611 et 1625 (ces derniers par Martin Ancellet). Le pont est désaffecté en 1784 et sa démolition commença en 1786.
Au 79-81 rue Colbert, face à la place Foire-le-Roi, l'hôtel du Gouvernement (dit hôtel de Montbazon puis, au début du XVIe siècle, hôtel de la Bourdaisière) aurait été construit en 1492 pour Louis de Rohan, seigneur de Montbazon. En 1630, il a été acheté par la ville pour devenir la maison des gouverneurs puis l'hôtel du Gouvernement. Vendu en 1830, la façade sur rue fut soumise à l'alignement et ornée par plusieurs grandes représentations sculptées d'Hermès. Il a été démoli par les bombardements de 1940 et 1944.
Située au 125-127 rue Colbert, l'église paroissiale Saint-Pierre-du-Boille avait été reconstruite dans le premier quart du XVIe siècle. Elle renfermait des verrières, datées de 1516, représentant les Rois Mages et un arbre de Jessé, créées par Jehan Chenesson, peintre-verrier. En 1520, elle avait été consacrée par Jean, évêque de Cytre. En 1765, la chapelle Notre-Dame avait été bâtie par Rabier, maître-maçon, pour le curé Chesnon. Cette chapelle fut bénie en novembre 1766. Le jubé a été abattu en 1769 puis remplacé, en 1770, par une grille en fer forgé. Cette église fut vendue comme bien national en 1792 puis détruite.
L'ancienne gare de Tours, appelé l'embarcadère (place du Général Leclerc), avait été construite en 1845-1846 selon les plans de Phidias Vestier, architecte de la Compagnie des chemins de fer d'Orléans. En 1855-1856, le sculpteur autrichien Johann Dominik Mahlknecht avait réalisé des œuvres allégoriques représentant Bordeaux, Nantes, Paris et Tours. Cette gare a été démolie en 1895.
Situé à l'angle de la rue Blaise-Pascal et de la place des Aumônes, le bureau de poste de Tours-Gare avait ouvert ses portes le 16 mai 1916. De style Art nouveau, il renfermait aussi un centre de tri postal. Il a été détruit en août 1996.
Boulevard Heurteloup, en face de la gare, l'hôtel d'Armor appartenait à la famille Bellanger depuis 1875. Il a été démoli le 12 juillet 1989. A sa place, le palais des congrès, dit le Vinci, œuvre de Jean Nouvel, a été inauguré le 17 septembre 1993.
En 1885, le docteur Jean-Alfred Fournier, maire de Tours, décide de faire ériger une statue représentant Honoré de Balzac, réalisée par le sculpteur Paul Fournier, en face de la mairie. Cette œuvre en bronze de 1700 kg fut inaugurée le 24 novembre 1889. Mais, le 6 janvier 1942, elle a été fondue par les Allemands.
Le manoir de la famille de Sanglier (ou maison d'Agnès Sorel) a été édifié au XVIe siècle (le linteau de la porte d'entrée portait la date de 1509). Il était situé au 412 rue de Paris (l'actuelle rue Édouard-Vaillant). Sa démolition débuta le 11 août 1964.
Le château de Beaujardin (1619, mais très transformé en 1760) a été détruit par le bombardement du 19 mai 1944. Il se trouvait à l'emplacement de l'actuelle place Beaujardin.
Au 11 rue Mirabeau, l'hôtel de Paul Buisson (début du XVIIe siècle) comprenait un bâtiment au plan en U qui existait encore en 1912. Frappé d'alignement, il ne restait plus que le corps de logis situé au fond de la cour. Ce dernier fut démoli en 1950. Paul Buisson était "voiturier", c'est-à-dire négociant en messageries et exportateur. Par sa femme, Claude Guyart, il était le beau-frère de la Mère Marie de l'Incarnation, évangéliste du Canada.
Le canal de la Loire au Cher a été creusé de 1824 à octobre 1828. Il mesurait 2432 mètres et fut livré à la navigation le 4 novembre 1829. Comblé dans les années 1950, il a été remplacé par l'autoroute A10. Le pont que l'on aperçoit sur cette ancienne carte postale était appelé le "pont du milieu".
Le cirque de Touraine, construit par Marcel Boille, a été inauguré en 1884. Il a remplacé un cirque de 1865, le cirque Napoléon, bâti par Henri Racine en brique et en bois. Sous le nom de Royal Ciné, il devint une salle de cinéma en 1910 avant de fermer définitivement en 1920. Détruit en 1927, il était situé sur l'avenue André-Malraux (alors quai d'Orléans).

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Tours Ouest

L'ancien hôtel de ville de Tours (place Anatole France) a été construit de 1776 à 1786 selon les plans de Jean Cadet de Limay. Il devint la bibliothèque de la ville. Ce bâtiment a été détruit le 19 juin 1940.
L'hôtel de la  Crouzille (XVIe siècle) se trouvait au 9 rue du Commerce. Son arrière donnait dans la rue Banchereau (au 8). Il a aussi porté le nom d'hôtel de La Vallière car c'est dans cette maison que serait née, selon une tradition locale, Louise de La Vallière le 6 août 1644. Cet hôtel a été détruit lors des bombardements de 1944.
Du 10 au 14 rue du Commerce, se trouvait l'église paroissiale Saint-Saturnin. Initialement, en ce lieu, il existait une chapelle, attestée au VIe siècle, dans laquelle furent déposées des reliques de saint Saturnin. Elle fut détruit au milieu du IXe siècle puis reconstruite. Au milieu du Xe siècle, la nouvelle église fut donnée à l'abbaye Saint-Julien de Tours par l'évêque Théotolon puis, au milieu du XIIe siècle, elle fut érigée en église paroissiale. A la fin du XVe siècle et début du XVIe siècle, cette église fut pratiquement entièrement rebâtie. En 1478, le pape Sixte IV donna l'autorisation à Jean de Beaune de construire une chapelle funéraire dédiée à Notre-Dame-de-Pitié et ornée, au début du XVIe siècle, d'une fresque représentant Jacques de Beaune, Jeanne Ruze et leurs enfants. Toujours au début du XVIe siècle, un clocher fut édifié pour Guillaume Briconnet, archevêque de Reims, et une chapelle funéraire, où sera placé le tombeau de Thomas Bohier et de Catherine Briçonnet, fut aussi construite. En 1772, la charpente et la toiture furent restaurées. L'église Saint-Saturnin fut d'abord mise en vente comme bien national en 1792 puis retirée de la vente. En 1798, elle a été vendue puis détruite.
L'hôtel de Maillé se trouvait dans l'actuelle rue de Maillé (n°2) et donnait aussi dans la rue de Constantine (n°13). Il avait été édifié à la fin du XVe siècle puis remanié au XVIe siècle. Il a été démoli en 1935. Jadis la rue de Maillé s'appelait la petite rue de Maillé. La rue de Maillé de l'époque est devenue la rue Paul-Louis Courier.
La tour Faubert (fin XIIe siècle) était située au 6-8 rue de Jérusalem (jadis 3 rue des Crapauds, rue qui devint ensuite la rue Boucicaut). En 1323, le roi Charles IV la donna à l'église Saint-Martin. Au XVIIIe siècle, elle porta le nom de maison de la Tabagie. Elle a été détruite en 1949.
L'hôtel de la Jaille (aussi appelé hôtellerie des Trois-Pucelles) se trouvait au 4 rue Briçonnet (autrefois rue des Trois-Pucelles). Il datait du XVIe siècle mais comportait des parties du XIIIe siècle (portail sud et logis nord). Le dessin montre sa cour intérieure. Il a été détruit en 1973.
Cette maison du XVIe siècle (5 rue de Ballan) a été démolie vers 1975.
Situé au 37 boulevard Béranger, cet hôtel particulier avait été construit dans la deuxième moitié du XIXe siècle pour Louis-Virgile-Raoul du Saussay, châtelain des Tourelles et maire de Fondettes. Il a porté les noms d'hôtel du Saussay, d'hôtel Auvray, d'hôtel Gouin (il avait été acheté par Eugène Gouin à la fin du XIXe siècle), d'hôtel de Rochambeau et d'hôtel de l’Économie française (à partir de 1938). Il a été détruit en mai 1966.
Au 64 boulevard Béranger (jadis Le Grand-Mail), cet hôtel avait été construit au XIXe siècle, selon un plan carré, dans le style néo-classique. Au début du XXe siècle, il devint la pension de famille Family Hôtel qui s'appela, par la suite, The Brunswick. Cet immeuble fut détruit en 1968.
L'église paroissiale Saint-Clément a été bâtie au XIIe siècle, reconstruite en 1462 puis modifiée au XVIe siècle. Après sa vente comme bien national le 5 septembre 1792, elle fut transformée en halle aux blés (gravure) et son clocher, recouvert de plomb, fut détruit peu de temps après. Située à l'angle sud des actuelles place des Halles et rue des Halles, elle fut totalement démolie en 1883.
Les halles ont été édifiées en 1865-1866 par l'architecte Gustave Guérin. Elles étaient composées de deux pavillons métalliques de tailles inégales. En 1883, quatre travées furent rajoutées au pavillon nord, ce qui entraîna la destruction de l'église Saint-Clément. Les halles centrales de Tours furent démolies en 1976.
Au 7 rue des Halles, Thomas Bohier, entre 1494 et 1496, achète des parcelles de terrain afin de faire bâtir, entre 1500 et 1510, son hôtel. En 1606, ce bâtiment fut vendu à Claude Lefebvre, sieur de La Falluère. Puis en 1754, il est cédé à Antoine Barre, conseiller du roi et receveur des tailles en l'élection de Tours, qui y fit des travaux et des remaniements. En 1853, une partie de l'édifice devint l'hôtel de la Boule d'Or, au 29 rue Nationale. Il a été démoli par les bombardements de 1940.
Située au 9 rue des Halles, l'église Saint-Hilaire, signalée dès le Xe siècle, a été donnée en 1182 à l'abbaye Toussaint d'Angers et érigée en prieuré-cure. Elle a été remaniée au XIIIe siècle puis au XVe siècle (reconstruction du chœur, du clocher et de deux chapelles). Au XVIIe siècle, les décorations intérieures et extérieures furent refaites. En 1696, la façade ouest a été rebâtie. En 1793, l'église a été vendue comme bien national à la ville et devint un Club patriotique. Le transept et le chœur ont été détruits avant 1830 puis ce fut au tour de la nef d'être démolie. En 1948, des fouilles retrouvèrent la base des murs de la nef (datés du XIe siècle) et une partie de ceux du chœur.
Aux 77-79 rue des Halles, l'église Notre-Dame-de-l'Ecrinole aurait été construite au XIIe siècle puis érigée en église paroissiale en 1217. A l'origine, il y avait, à cet endroit, un monastère de femmes fondé par Ingeltrude vers 565. Au début du XIe siècle, les religieuses furent transférées à l'abbaye de Beaumont. Vers 1500, la façade ouest fut rebâtie par Jean de la Rue et Perrine Le Fuzelier et un édifice, contenant un autel, fut érigé dans le cimetière attenant. A XVIe siècle, la chapelle de la Miséricorde a été édifiée pour Marc de la Rue. La paroisse a été supprimée en 1781 et l'église vendue en 1782, puis détruite pour élargir la rue.
En 1796, Armand Mame, fils d'un imprimeur angevin, s'installa rue de Constantine. En 1926, il acheta l'hôtel de l'Intendance, rue des Halles, et y installa son imprimerie. Celle-ci a été agrandie petit à petit: en 1845-1847 (une aile), en 1853 (un atelier bâti par l'architecte Octave Chauveau), en 1862 (un nouveau bâtiment allant du 3 au 37 rue Néricault-Destouches construit par l'architecte Jean-Charles Jacquemin) et en 1864 (une aile en retour dans la rue des Halles). Cette usine, d'une superficie de 2,5 hectares, a été incendiée en juin 1940 puis démolie en 1952. Sur le fronton surmontant la porte d'entrée de l'usine, se trouvait un médaillon, attribué au sculpteur Vittoz, représentant Johannes Genfleisch, dit Gutenberg. Il a été réinstallé dans la nouvelle usine, édifiée de 1949 à 1953, boulevard de Preuilly.
Ce logis du XVIe siècle se trouvait à l'angle sud-ouest de la place de la Victoire et de la rue Saint-Lidoire. Il a été détruit lors de la rénovation de la place de la Victoire (quand ?).
Le carmel, fondé en 1608, s'installa rue de l'Ange (par la suite 17 rue Banchereau) sur l'emplacement de l'ancien hôtel de l'Ange Gardien (jadis siège de la Chambre des comptes des ducs de Touraine). Sa chapelle fut construite de 1614 à 1619 (elle a été consacrée le 3 mai 1619). Le carmel fut vendu nationalement le 7 novembre 1792. Les religieuses revinrent en 1822. Le carmel fut transféré rue des Ursulines en 1845. La chapelle a été détruite en 1940.
Ce logis de la fin du XVe siècle se trouvait au 16bis rue Banchereau (jadis rue de l'Ange ou cour des Carmélites). Cette rue, presque parallèle à la rue du Commerce (au nord), a été détruite lors des bombardements de 1940 et de 1944.
Cette maison du XVe siècle était située à l'angle sud-est de la rue de Poissonnerie (n°18) et de la rue Urbain-Grandier. La rue de la Poissonnerie tirait son nom d'une poissonnerie construite en 1634 pour remplacer celle du XVIe siècle du carroi des Carmes. Elle fut rebâtie en 1816 puis supprimée en 1878 après la construction des halles centrales. La rue de la Poissonnerie était parallèle à la rue des Tanneurs, vers la Loire. On pouvait y voir des vestiges de murs des fortifications commencées vers 1360. Dans les années 1970, tout ce quartier fut démoli lors de la construction de la faculté et le réaménagement des quais.

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Tours Nord

La construction de l'église abbatiale de Marmoutier avait débuté au XIIIe siècle. Sa façade ouest était précédée d'un narthex flanqué, au nord, d'une tour carrée appelée la tour des cloches, vestige de l'église consacrée en 1096 par Urbain II. La façade, percée par trois grandes portes, était entourée par deux tours jamais terminées. L'église, de 112 mètres de long, était bâtie sur le plan de la croix latine. La nef, accompagnée par deux collatéraux, était couverte de voûtes d'ogives. En ruines, cette église fut démolie au XIXe siècle. Les deux gravures datent de cette époque.
Le château de Châtenay a été construit après 1850 (vers 1862 ?) pour le général Alfred Jameron. Ensuite, il fut habité par la famille Reuter puis il devint une maison de convalescence pour enfants sous le nom de Campagne Marie-Bernadette. Lors de la dernière guerre, il fut réquisitionné pour loger des personnels de la Luftwaffe. Dans la nuit du 22 au 23 octobre 1940, un avion allemand (un Heinkel 111), de retour d'un bombardement en Angleterre, le percuta et l'édifice fut détruit.

3 commentaires:

  1. Beau billet et excellente idée !

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  2. Urbain Grandier... Pauvre homme, il a eu une mort attroce !

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