Champigny-sur-Veude

Champigny-sur-Veude est une commune du sud-ouest de la Touraine. Ses habitants sont appelés les Campinois et les Campinoises.
Elle a porté les noms de: Campaniacus (1082, cartulaire de l'abbaye de Noyers), Campagniacus (1170 et 1185, cartulaire de Noyers), Champigniacus (1205, charte de l'abbaye de la Merci-Dieu), Champeigné (1262 et 1327, cartulaire de l'abbaye de Bourgueil) et, enfin, Champigny-sur-Veude (décret du 6 janvier 1893). Au XIe siècle, elle figure comme prieuré-cure et paroisse dans les chartes de l'abbaye de Noyers. C'était une châtellenie relevant d'abord du château de Loudun puis de Chinon.
Coordonnées GPS de Champigny-sur-Veude: 0°19'29"E - 47°03'57"N
Code INSEE: 37051 - Code postal: 37120 - Superficie: 1618 hectares
Altitudes: de 39 à 107 mètres
Sur ce dessin de Gaignières, on voit le village en 1699.
Son château a été construit de 1508 à 1543 par Louis 1er et Louis II de Bourbon-Montpensier sur les vestiges d'une forteresse bâtie, vers 1096, par Foulque 1er le Réchin, comte d'Anjou. Il a été détruit en 1640 sur ordre du cardinal de Richelieu qui l'avait acheté en 1635. Le "nouveau" château est, en fait, une ancienne dépendance (le logis du gouverneur et du concierge) du monument démoli. Il est composé d'un corps de logis principal et de deux ailes en retour d'équerre abritant les anciens chenils, cellier et écuries. Le logis est flanqué de deux tours cylindriques surmontées de dômes. Il devint la demeure seigneuriale au XVIIe siècle par la volonté de la Grande Mademoiselle, duchesse de Montpensier.
Ce dessin de Gaignières montre le château en 1699.
Ce château a toutefois conservé la Sainte-Chapelle (ou chapelle Saint-Louis) édifiée entre 1508 et 1548. Cet édifice est composé d'une nef de trois travées et d'une abside à cinq pans. A cette dernière, sont accolées les chapelles seigneuriales et les sacristies. L'ensemble est couvert de voûtes sur croisées d'ogives. Cette chapelle fut sauvée de la destruction grâce à l'intervention du pape Urbain VIII.
Cette chapelle renferme onze magnifiques vitraux du XVIe siècle qui ont été offerts par Claude de Longwy de Givry, évêque de Langres, à sa nièce, Jacqueline de Longwy, pour son mariage avec Louis II de Bourbon en 1538. Ces verrières représentent 34 portraits des Bourbon-Montpensier (en bas), la vie de saint Louis (au centre) et les scènes de la passion (en haut). Elles sont attribuées à Robert Pinaigrier et à ses élèves.
On peut observer plusieurs clés de voûte armoriées et polychromes.
Le priant ou orant (XVIIe siècle) de Henri de Bourbon, dernier duc de Montpensier, est une œuvre de Simon Guillain.
Un autre dessin de Gaignières représente la Sainte-Chapelle en 1699.
Quelques communs importants sont encore visibles, comme l'entrée principale du château (appelée porte de Jupiter) s'ouvrant sur la cour d'honneur, ...
... et comme le manoir du Bois-de-Nais.
A la sortie du bourg, sur la route de Richelieu, la chapelle Notre-Dame-de-Lorette, ou de la Bonne-Dame (1598), appartenait à l'ancien couvent des Minimes. Elle est composée d'une nef unique terminée par une abside à trois pans.
Un peu plus loin, la chapelle des Minimes, ou chapelle du Grand-Parc (1604), comprend, elle aussi, une nef unique, couverte en charpente, et éclairée de chaque côté par trois fenêtres en plein cintre dont le remplage a disparu. L'abside est à trois pans percés chacun d'une fenêtre. Au nord, il existait une chapelle dont il ne reste que l'arcade de communication qui a été condamnée. A l'ouest, la façade présente une porte en plein cintre dont la clef s'orne de deux cornes d'abondance enlacées et qui est surmontée par un cartouche sans décoration, surmonté d'un fronton au tympan orné de feuilles. De chaque côté de la porte, une colonne est surmontée d'une niche à coquille. Le fronton de la façade présente un oculus à remplage rayonnant. Cette chapelle faisait partie de l'ancien couvent des Minimes fondé vers 1600 par Henri de Bourbon. Des bâtiments conventuels, il reste un logis perpendiculaire à la chapelle, au sud, et un élément des communs dont la façade, sur la cour, porte des corbeaux.
Le clocher de l'église Notre-Dame (église souvent ouverte) date du XIIIe siècle...
... mais sa nef est du XVe siècle et elle a été modifiée au XVIe siècle (collatéraux ogivaux, chœur à chevet plat et chapelles latérales). A l'ouest, sa façade est du XIXe siècle. Cette église faisait partie d'un ancien prieuré appartenant de l'abbaye de Noyers.
Elle renferme quelques vitraux.
Sur cette cloche (de 1570) ont été gravées deux lignes en lettres gothiques: "Louis de Bourbon Pair de France et Dame Catherine de Lorraine son épouse François de Bourbon et Dame Renée d'Anjou son épouse MVCLXX Pierre Payen me fait".
Le château privé de La Pataudière possède un logis de la fin du XVIe siècle avec pavillons à comble élevé et lucarnes à fronton triangulaire. Au sud, une aile du XIXe siècle le prolonge.
Il possède deux tours d'angle dont l'une, carrée, a été transformée en chapelle. Les toits de ces deux tours sont surmontés d'un lanternon octogonal et leurs murs sont percés de meurtrières horizontales pour armes à feu.
Un petit pigeonnier-porche permet d'accéder à ses communs.
A l'extrémité de la rue des Cloîtres, la maison du prieur date de la fin du XVIe siècle. Cette rue était bordée par dix-huit logis destinés aux chanoines de la Sainte Chapelle. Ils comportaient tous deux salles superposées pourvues de cheminées à hottes et reliées entre elles par un escalier à vis intérieur. Le toit était recouvert de tuiles plates.
L'ancien hôpital Saint-Aignan (XVIIe siècle) était, jadis, une aumônerie. Il a conservé sa chapelle.
Certaines maisons du village sont des XVIe (photo du haut) et XIXe siècles (de 1860: photo du bas).
Dans la rue des bas-Jardins, le logis privé de La Reignerie date du XVIIe siècle.
Un peu plus loin, le domaine privé de La Grange possède un petit pigeonnier carré.
La ferme de Niébled a conservé son pigeonnier-porche avec une porte charretière en plein cintre. Au XIXe siècle, cette ferme appartenait à Ernest-Henry Tourlet, pharmacien à Chinon, botaniste et président d'honneur des Amis du Vieux Chinon.

A voir
  • Les moulins à eau: le moulin Brûlé, le moulin de Chassenaie, le moulin de Châtre, le moulin de Cache-Mouche et le moulin Battereau.
Patrimoine disparu:
  • Le lavoir du bourg.
  • Deux moulins à vent, l'un situé au sud-est de Beaulieu, et l'autre aux Fontenelles qui exista jusqu'en 1947.
Personnalités liées à la commune:
  • Michel Lambert, compositeur baroque, est né à Champigny en 1610.
  • Maurice Genevoix, écrivain, venait à Champigny pour voir sa grand-mère et un oncle notaire.
  • Chaïm Soutine, peintre, a vécu à Champigny de 1940 à 1943.

Les lieux-dits: Battereau, Beaulieu, Beauregard, Bois-de-Châtre, Bois-des-Ravognes, Bois-du-Poteau, Cache-Mouche, Cacheton, Châtre, La Barangerie, La Bodinière, La Bouzillère, La Chênaie-Ronde, La Forge, La Garenne-de-l'Anglée, La Garennerie, La Grange, La Hubertière, L'Amadieu, L'Anglée, La Pataudière, La Pellegoussière, La Québrie, La Valinière, La Varenne, Le Bois-de-Nais, Le Bouchet, Le Grand-Parc, Le Marais-Frambert, Le Moulin-Brûlé, Le Patois, Le Québlé, Le Rivalier, Les Esvés, Les Grandes-Vignes, Les Fonteneaux, Les Fontenelles, Les Puits, Niébled, Niollet, Salvert
    Blason de Champigny-sur-Veude

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