Esvres-sur-Indre

Esvres-sur-Indre est une ville située au sud-est de Tours. Ses habitants sont appelés les Esvriens et les Esvriennes.
Sous le nom de Evena, elle apparait pour la première fois, au VIe siècle, dans un écrit de Grégoire de Tours. Par la suite, elle a porté les noms de: condita Eveninse (791 et 844, cartulaire de Cormery), Evvra (vers 1116, cartulaire de Noyers), Evra (1206, cartulaire de Beaumont), Evria (1207, cartulaire de Saint-Jean-du-Grais), Evria (1261, charte de Saint-Julien), Evria (1290, pouillé de Tours), Esvre (1505, cartulaire de Cormery), Esvres (1666), Esvres-sur-Indre (XVIIIe-XXe siècles). Du VIIIe au Xe siècle, ce fut un chef-lieu de viguerie. La châtellenie relevait de Montbazon.
Coordonnées GPS d'Esvres-sur-Indre: 0°47'07"E - 47°17'03"N
Code INSEE: 37104 - Code postal: 37320 - Superficie: 3595 hectares
Altitudes: de 52 à 96 mètres
L'église Saint-Médard, reconstruite au XIIe siècle (nef, chœur rectangulaire plus large que la nef et clocher carré), a été remaniée aux XIIIe (des travaux devant diviser le chœur en trois n'ont pas été terminés) et XIVe siècles. Elle a été restaurée en 1873 par l'architecte Gustave Guérin. La nef, couverte d'une charpente du XIXe siècle, a sa façade ouest percée d'une porte en plein cintre de 1654, surmontée par un triplet du XIXe siècle. Le mur nord a été presque entièrement reconstruit au XVIIe siècle.
Son abside pentagonale, servant de sacristie, date de 1654. Le clocher est construit en blocage avec d'étroites fenêtres en tiers-point. Il est surmontée d'une flèche octogonale élancée et de quatre clochetons d'angle.
Sur le pignon oriental, une pierre sculptée de réemploi (Xe ou XIe siècle) représente des personnages nimbés pré-romans. Au centre de la plaque, le Christ bénissant est représenté.
La nef a été lambrissée.
Cette église renferme quelques vitraux. Certains sont des œuvres de l'atelier Lobin de Tours, d'autres de Jean-Prosper Florence.
Le château d'Esvres est une forteresse du XIIIe siècle (vers 1220) dont le haut donjon carré a disparu. L'enceinte fortifiée extérieure mesure 338 mètres. Le logis actuel est du XVIIIe siècle mais a été très remanié au XIXe siècle. Ses deux façades sont surmontées, chacune, par un fronton triangulaire. Ce bâtiment est flanqué, à ses angles sud-est et sud-ouest, de tours coiffées de toits coniques à lanternon. Ces deux tours en blocage, dont celle de l'est est munie d'une bretèche, appartenaient à la forteresse du XIIIe siècle.
Une partie de l'enceinte d'origine (XIIIe siècle), avec des tours, se trouve à l'ouest de l'édifice actuel.
La porte de Malaguet a été créée au XVIIe siècle. En arc surbaissé, elle est accompagnée de pilastres.
Le pigeonnier circulaire (XVIIIe siècle) de ce château renferme 1200 boulins (nids de pigeons). Le nombre de boulins est lié à la superficie du domaine. A chaque boulin correspond un arpent, soit environ 42 ares de terre. Cette fuye, mesurant 12 mètres haut et 10 mètres de diamètre, est couverte d'un toit conique à lanternon.
Au nord-est de cette fuye, dans la rue de la Tour, on trouve encore une tour de ce château (une des six tours primitives du mur d'enceinte).
A Vontes, le prieuré Saint-Pierre, créé au XIIe siècle, dépendait de l'abbaye de Cormery. Il a perdu son enceinte mais a conservé sa porte fortifiée de plan carré.
Sa chapelle (XIIIe siècle) a été très modifiée au XVe siècle. C'est un bâtiment rectangulaire. Deux gros contreforts d'angle, ayant obturé les baies primitives à l'est, furent d'abord ajoutés. A la fin du XVe siècle ou au début du siècle suivant, la chapelle fut coupée en deux. Les murs ont été relevés de 60 cm et couronnés par la charpente existant actuellement. La baie d'axe (XIVe siècle) a été condamnée dans sa partie basse par une cloison de brique. Au début du XXe siècle, l'édifice a été transformé en remise et pressoir à l'est et en habitation à l'ouest. Sur le pignon est, trois campagnes successives de décors peints, superposés par endroits, ont été effectuées. La campagne primitive est peut-être du XIIIe siècle, avec un décor de faux-joints rouges vifs, surmonté d'une frise à motifs de palmettes rouges. La seconde campagne, très complexe, daterait du XIVe siècle. Elle présente une frise haute ornée de rinceaux rehaussés d'animaux qui surmontent des décors de draperies, de losanges et de médaillons. Le mur Est conserve aussi les traces de deux personnages dans un décor d'architecture. La troisième campagne présente des faux-joints rouges violacés sur les murs ainsi qu'une bande décorative composée de grecques et de rubans plissés. La baie d'axe représente le miracle de Saint-Éloi. La grange dîmière a été démolie dans les années 1960.
Le manoir privé de La Roche-Farou (ou de La Roche) date du XVIe siècle. Sur la cour, le logis seigneurial est flanqué d'une tourelle carrée abritant un escalier à vis. On y accède par une porte à linteau droit et elle est éclairée par cinq petites fenêtres rectangulaires. Sur le jardin, la façade (photo) a vu tous ses percements modifiés sauf, au niveau du comble, la lucarne à croisée de pierre surmontée d'un fronton courbe. En dessous, une étroite fenêtre a perdu sa traverse. La Roche-Farou était un fief relevant de la baronnie de L'Île-Bouchard et, pour une partie, du château de Montbazon.
Située au nord du manoir, sa chapelle a aussi été construite au XVIe siècle.
Au sud-ouest du manoir, le pigeonnier circulaire, de plus de 9 mètres de diamètre, a été arasé obliquement, selon certaines sources, à la demande du comité de salut public de Cormery, en tant que symbole de l'oppression de la noblesse.
Le château privé de Vaugrignon, bâti au XVe siècle, a été modifié à la fin du XIXe siècle en style néo-gothique. Le corps de logis principal, flanqué d'une tour au nord, est prolongé par deux additions perpendiculaires et agrandi, à l'est, par une aile en terrasse moins élevé dont la porte est surmontée d'une accolade. La façade sud (photo) donne sur une terrasse, bordée par une balustrade du XVIIe siècle qui était limitée, à l'est et à l'ouest, par deux tours. Celle de l'ouest est détruite et celle de l'est, restaurée, est couverte en poivrière. Dans l'angle nord-est des communs, une troisième tour, découronnée, subsiste.
Son parc renferme un pigeonnier cylindrique dont le toit conique est surmonté d'un lanternon ajouré.
Le château privé de La Villaine a été édifié au XIXe siècle sur l'emplacement d'une forteresse de la fin du XIIIe siècle. La Villaine était un fief relevant de Thais.
Le manoir privé de La Baudellière (XVIIe siècle) est flanqué, au centre de sa façade ouest, d'une tourelle d'escalier rectangulaire. La cour est limitée par deux granges anciennes.
Le château privé de Montchenain (ou Montchenin) a été édifié au XIXe siècle. Le château primitif a été démoli par les Anglais en 1358, reconstruit, il fut à nouveau détruit en 1535 par Denis Briçonnet, abbé de Cormery.
Il a conservé une porte fortifiée et deux tours d'enceinte du XIVe siècle appartenant certainement au château primitif.
Le lavoir du bourg se trouve dans la rue de Tours...
... et le lavoir du Peu, dans la rue du Vallon.
A l'est du bourg, cette éolienne Bollée-Lebert (type 3) de 1898 a été restaurée en 2004/2005.
Sur le coteau, une loge de vigne et un pressoir sont proches du vignoble du Noble-Joué.
Le château privé de La Dorée est une construction du XVIIe siècle. Le comte Alexandre-Pierre Odart s'y installa en 1815 et fut l'auteur, en 1841, de l'Ampélographie universelle (l'ampélographie est l'étude de la vigne). A noter, aussi, que la célèbre Mata Hari y demeura de mars 1910 à mars 1911.
Le château privé de Vaux date du XIXe siècle. Vaux (ou Vau) était un fief relevant de la châtellenie de Cormery et de La Carte.

Primitivement, les trois moulins de Vontes (ou du Bas-Vontes) furent bâtis, sur l'Indre, au Xe siècle. Ils ont été reconstruits au XVIIIe, après la crue de 1770. Les deux plus petits, le moulin du milieu et le moulin du nord, sont des moulins depuis l'origine. Le plus grand, le moulin du midi, est devenu un moulin en 1804. Ces moulins sont restaurés en 1862 et modernisés. Le moulin du midi cesse son activité après la Première Guerre mondiale alors que le moulin du milieu s’arrête en 1964.
Sur l'Indre également, le moulin de Port-Joye (ou de Port-Joie), cité dès 1338, a été transformé en minoterie au XIXe siècle.
Le moulin d'Avon, sur l'Indre, était connu, dès 844, pour produire de la farine de blé. Il fut modifié au XIXe siècle et cessa son activité vers 1920.
Sur l'Indre, le moulin des Poulineries, cité dans un texte dès 1485, a été transformé au XIXe siècle.

A voir:
  • Le moulin Sauquet, sur l'Échandon, est connu depuis 1634 mais une date, 1242, est gravée sur son pignon ouest.
  • Le moulin Perrion, sur l'Échandon, a été reconstruit au XVIIIe siècle. Ce site était connu dès 1247.
  • Le dolmen en ruines du moulin de Sauquet.
  • Les tapisseries d'Aubusson du XVIIe siècle dans la salle des mariages de la mairie. Elles proviendraient du château disparu de Chanteloup à Amboise.
Patrimoine disparu
  • Le moulin de Vaux qui était actionné par le ruisseau de Nantilly.

Les lieux-dits: Avon, Bas-l'Hommais, Bas-Veneuil, Bas-Vonte, Beaulieu, Bel-Air, Belle-Vue, Besnoëls, Bois-de-la-Duporterie, Bois-Renaud, Bois-Sicot, Buisson-de-la-Vilaine, Buisson-du-Son, Champgault, Courty, Domaine-de-Vonte, Fresche-de-la-Pommeraye, Grande-Pièce-de-Forge, Haut-l'Hommais, Haut-Veneuil, La Baudellière, La Belle-Commère, La Billette, La Birotte, La Boutetterie, La Brosse, La Caillaudière, La Cathelinière, La Cave-Salmon, La Chambrière, La Champlonnière, La Chaume, La Chaussée, La Couture, La Dorée, La Douzillerie, La Dufferie, La Duporterie, La Fosse-au-Genêt, La Gittourie, La Guérinière, La Guillotière, La Hardellière, La Huaudière, La Molaine, La Neuraye, La Pahéserie, La Pelouse, La Petite-Bamboche, La Pièce-de-Bau, La Pièce-de-Vemeuil, La Pigerie, La Pommeraye, La Roche, La Tombe, La Vilaine, Le Champ-Bertray, Le Coin-du-Mur, L’Écouasse, Le Croule, Le Flagourné, Le Fourneau, Le Grand-Berchenay, Le Grand-Lochereau, Le Grand-Ormeau, Le Marchais-Rousseau, Le Moulin-de-Perrion, Le Moulin-de-Sauquet, Le Nid-de-Chien, Le Paradis, Le Parc, Le Pavillon, Le Petit-Lochereau, Le Peux, Le Rang-du-Bois, Le Vallon, Le Vau, Les Basses-Pelouses, Les Bélardes, Les Billettes, Les Champs-Philippe, Les Coteaux, Les Coudrières, Les Flamands, Les Marchais-Noirs, Les Marjelonneries, Les Onjeunes, Les Parcs-de-Montbazon, Les Pelouses, Les Perruches, Les Poulineries, Les Reçais, Les Rochious, Les Sablons, Les Souches, Les Terres-Rouges, Les Vieux-Parcs, Les Viviers, L'Hurmet, Malaguet, Montchenain, Moulin-de-Port-Joie, Nantilly, Pièce-de-la-Haute-Cour, Pièce-des-Goupillères, Prairie-d'Esvres, Prieuré-de-Vonte, Saint-Malo, Sur-le-Peux, Taille-de-la-Justice, Taille-des-Jacquelins, Tailles-Semées, Taillis-de-la-Gabillière, Vallée-de-Beaulieu, Vallée-de-l'Hommais, Vaugrignon, Vauguinier, Vaux, Village-d'Abas, Vonte
      Blason d'Esvres-sur-Indre

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