Luynes

Luynes est une ville située sur la rive droite de la Loire, à l'ouest de Tours. Ses habitants sont appelés les Luynois et les Luynoises.
Appelée jadis Malliacum puis Maillé, elle a pris, en 1619, le nom de Charles d'Albert de Luynes, favori de Louis XIII. Pendant la Révolution, elle fut baptisée Roche-sur-Loire.
Coordonnées GPS de Luynes: 0°33'20"E - 47°22'58"N
Code INSEE: 37139 - Code postal: 37230 - Superficie: 3401 hectares
Altitudes: de 39 à 105 m
Le château, édifié au XIIe siècle et modifié aux XIIIe, XVe et XVIe siècles, comprend un logis entouré par une enceinte rectangulaire et par des tours circulaires. A l'ouest (photo), les deux tours centrales sont du XIIIe siècle alors que les deux tours extrêmes ont été reconstruites au XVe siècle.
A l'est, on entre dans le château grâce à un pont dormant.
Au nord, le logis, construit en briques et en pierres, remonte au XVe siècle. Sa tour d'escalier octogonale supporte une tourelle cylindrique en encorbellement. La partie sud de ce logis date du XVIIe siècle.
Sur ce dessin de Gaignières de 1699, on aperçoit le corps de logis principal, aujourd'hui détruit, qui se trouvait sur la terrasse Sud. En contrebas du château, deux bâtiments rectangulaires (une grange et des écuries) ont aussi disparu.
A l'Est du château, la chapelle des chanoinesses date de la fin du XVe siècle. Elle comporte une nef unique, une abside à trois pans et des fenêtres flamboyantes. Cette chapelle a été, un temps, le lieu de culte de la paroisse sous le nom d'église Notre-Dame.
Cette chapelle appartenait au couvent des chanoinesses du Saint-Sépulcre (ordre de saint Augustin) qui a disparu. Un couvent dédié à Notre-Dame de Pitié avait été fondé en 1486 par Hardouin IX de Maillé. En 1662, le second duc de Luynes le remplace par un autre couvent dédié à Notre-Dame du Saint Sépulcre. Le dessin le représente en 1699.
L'aqueduc gallo-romain du IIIe siècle, à l'est de la ville, mesure actuellement 269 mètres de long (contre 565 m à l'origine). Il reste 44 piles (contre 90 à l'origine) et 8 arcs plein cintre. Il fut réparé au 5ème siècle et utilisé jusqu'au XIIe siècle.
Cet aqueduc n'a pratiquement pas changé depuis 1699, date de cette aquarelle de Gaignières.
Les halles charpentées (XVe siècle) accueillent encore le marché hebdomadaire (le samedi matin).
Primitivement, ces halles comportaient huit travées. Au XVIIIe siècle, deux travées (à l'ouest) furent détruites afin de laisser de la place pour l'édification d'un palais de justice. En 1913, ce palais et deux autres travées (surmontées par un grenier) ont été remplacés par une salle des fêtes.
En ville, il y a plusieurs maisons anciennes dont celle-ci du XVe siècle, à pans de bois, abritant la bibliothèque municipale (rue Paul-Louis-Courier).
Elle possède quatre poteaux corniers sculptés représentant, de haut en bas, saint Jacques, la Vierge, sainte Madeleine et saint Christophe.
D'autres maisons de la même époque se trouvent dans la rue des Halles.
Dans la rue de l'Aqueduc, une autre maison à pans de bois porte la date de 1648.
Au 20 rue de la République, cette demeure privée, appelée le Vieux-Logis, date de 1655.
L'église Sainte-Geneviève a été construite de 1867 à 1874 en style néo-gothique selon les plans de l'architecte Gustave Guérin. Elle fut consacrée le 13 juillet 1874. Cette église se compose d'une nef et de deux collatéraux, tous voûtés sur croisées d'ogives. Cette nef est précédée, au nord, par un clocher-porche.
Cet édifice a remplacé une église du début du XIIe siècle démolie en 1867. Elle comprenait une nef, un collatéral nord, ajouté à la fin du XIIe siècle, un collatéral sud, bâti vers 1485. A l'ouest de la nef, la porte en plein cintre était encadrée par quatre statues, érigées dans l'ébrasement. A l'est de la nef, se trouvait le chevet. Ce dessin, représentant l'église, vue du sud-ouest, a été réalisé par M. Rousseau (en 1985) d'après une œuvre de Ludovic Morizé, vers 1860.
Elle renferme plusieurs vitraux du maître-verrier tourangeau L. Lobin. Deux verrières sont formées par un médaillon circulaire entouré de six lobes ronds.
Le prieuré Saint-Venant présente un logis du XVe siècle qui a été restauré, entre 1907 et 1912, sous la direction de l'architecte Marcel Boille, pour l'extérieur, et de Marcel Rohard, pour l'intérieur. Les sculptures sont de Georges Delpérier. Ce prieuré a été habité par le comédien Lucien Guitry, père de Sacha Guitry.
Il possède une église romane de la fin du XIIe siècle (modifiée aux XIIIe et XVe siècles). Partiellement détruite lors de la Révolution (le chœur, l'abside et le clocher quadrangulaire), elle a conservé les deux premières travées de sa nef unique et sa porte en plein cintre à deux rouleaux. Au nord-est, la tour est un château d'eau construit en 1911.
Fondé au Moyen-Âge par un baron de Maillé, l'Hôtel-Dieu sera modifié en 1664 par le second duc de Luynes. Les bâtiments actuels, bâtis entre 1680 et 1683, comprennent une chapelle (où a été inhumé ce second duc de Luynes en 1690), une salle de malades, une pharmacie et des salles communes.
La chapelle se compose d'un chœur à trois pans et d'une nef. Elle renferme une plaque de marbre noir sur laquelle est gravée l'épitaphe de Charles d'Albert de Luynes et d'Anne de Rohan. Les vitraux (trois verrières et deux rosaces) de cette chapelle sont des œuvres de Louis Guillon (Tours, 1933).
A proximité de cet hôpital, une grange (XVIIe siècle) servait de magasin de stockage et d'écurie.
Le manoir privé de La Romaine présente un logis fait de briques et de pierres de tuffeau (XVe siècle).
Le château privé de Panchien (XIXe siècle) est constitué d'un corps de logis central flanqué, à l'est et à l'ouest, de deux pavillons. Sa chapelle et son pigeonnier ont disparu. Ce domaine est un très ancien fief.
Le manoir de La Mignonnerie, initialement bâti au XVIe siècle, a été modifié aux XVIIIe et XIXe siècles. Le logis central est encadré par deux pavillons à étage (1790), en légère saillie, eux-mêmes prolongés par un bâtiment peu élevé.
Le manoir privé de La Roberdière, édifié aux XVIe et XVIIe siècles (vers 1620), présente une petite aile en retour d'angle. En 1860, il a été converti en ferme et, en 1950, en habitation bourgeoise.
Le logis seigneurial de Malitourne date du XVIIe siècle (vers 1640). Il y existait une chapelle qui a disparu.
Le pigeonnier-porche carré en colombage de Malitourne (fin du XVIe siècle) a un toit surmonté par un lanternon hexagonal sur lequel a été placée une girouette en forme de coq en 1965 par Gérard Viot. Il est entouré par deux ailes droites bâties en 1824.
La grange dîmière de Malitourne est une construction du milieu du XVIe siècle. Elle faite en moellon et sa charpente est à chevron portant ferme.
Le manoir privé de La Barre date de 1630. La porte en plein cintre est encadrée par deux pilastres terminés par un chapiteau. Le tout est surmonté par un fronton courbe brisé par une pierre d'attente. Un tore se trouve entre l'arc et le fronton. Ce lieu, ancien fief relevant de Bréhémont, est signalé, dès 1093, dans une charte de Marmoutier sous le nom de Barra Malliaci.
Le manoir privé de Champroux a été construit vers 1680 pour Gilles Leblanc. Il fut restauré en 1963 selon les plans de Jacques Boille, architecte. Son pigeonnier rectangulaire, bâti en moellons vers 1750, a disparu avant 1845. Son rez-de-chaussée servait de chambre. Le premier étage, carrelé et avec une échelle tournante, était destiné aux pigeons dont les nids se trouvaient dans des paniers. Le toit en pavillon était recouvert de tuiles et était surmonté par un lanternon couvert en ardoises.
Le manoir privé de La Butte date de 1748. Par contre l'aile Est en retour d'équerre a été construite en 1965-1966. Selon la légende locale, Napoléon y aurait passé une nuit.
Le logis privé de Bellevue est une construction de 1890.
Le pigeonnier cylindrique (milieu du XVIe siècle) de La Caranderie mesure environ 7 mètres de diamètre. Il a perdu son toit qui était un dôme en tuile et ardoise percé, à sa base, par trois lucarnes. Un pivot et une échelle tournante permettaient d'accéder aux boulins. Ensuite, cette fuye fut divisée en deux niveaux avec, au rez-de-chaussée, une cheminée en pierre avec un four à pain et, à l'étage, des vestiges de boulins.
Le pigeonnier carré de Quiquengrogne (vers 1650) a appartenu à l'hôpital de Luynes jusqu'à la Révolution. Il est fait de briques et son toit, recouvert de tuiles, a perdu son lanternon en 1960. Il présente un larmier en tuffeau qui empêchait les rongeurs et les petits carnivores de tuer les pigeons. A l'intérieur, les traces de boulins ont disparu. Sous cette fuye, se trouve une cave voûtée en plein cintre.
Un pigeonnier circulaire (fin du XVIe siècle), en moellons, arasé obliquement, se trouve au lieu-dit Négron. Il était déjà en ruines en 1768. Ce lieu était un fief relevant de Bréhémont.
Le Moulin Doré (moulin-tour privé) a perdu ses ailes. Il se situe sur les hauteurs, à l'ouest de la ville. Construit vers 1788 pour François Bourdon, il a cessé de fonctionner vers 1870. La mouluration des ouvertures date de 1960.
Cette loge de vigne (ou maison de vigne) se situe sur les hauteurs de la ville, face au château. Ces loges, nombreuses en Touraine, servaient aux vignerons et aux journaliers de lieux de repos et de repas ainsi que d'abris en cas d'intempéries.
Près de cette loge, on peut remarquer, au bout des rangs de ceps, quelques pieux en ardoise qui proviennent de la carrière de Trélazé. Ce matériau résistant et imputrescible, jadis répandu dans les vignes du Val de Loire après le problème du phylloxéra, est en train de disparaitre car il gêne la viticulture mécanisée.
Dans la rue Saint-Venant, une maison privée de 1871 possède un balcon sculpté sur lequel figure une Légion d'Honneur, une couronne, des drapeaux et diverses armes (canons, fusils et lances). Elle fut construite pour François Romain Langereau, maire de Luynes, lieutenant colonel en retraite,officier de l'Ordre impérial de la Légion d'honneur.
Au 5 rue des Richardières, un musée privé présente une importante collection de fossiles et de pierres (prendre rendez-vous).
Dans la cour de ce musée, il existe un puits (XVIIIe siècle) avec un toit en charpentes.
Dans la rue Paul-Louis-Courier, un vieux puits possède un treuil actionné grâce à une roue en bois.
Près de la mairie, on peut découvrir cette belle pompe publique.
Ces bornes de pèlerinage de saint Martin sont récentes. En pierre reconstituée, hautes d'environ 80 cm, elles indiquent les trois chemins de pèlerinage menant à Tours et partant de la Sarthe, de Chinon et de Poitiers. Au Moyen-Âge, le pèlerinage de saint Martin était, par ordre d'importance, le troisième de la Chrétienté après ceux de Rome et de Jérusalem. Elles comportent l'inscription "D st M" et un cercle avec une flèche bleue désignant la direction à suivre.
Dans la rue des Halles, ce heurtoir de porte a la forme d'un anneau ciselé surmonté par un dragon.
A noter, qu'il existe à Luynes, au lieu-dit La Rue-Barbier, un petit "port" où l'on peut voir une toue cabanée (photo), un fûtreau et quelques plates.
Luynes possède son girouet dont la partie centrale représente l'aqueduc romain.
En contrebas du coteau de Luynes, un champ de lin se transforme, en quelques semaines, en...
... champ de coquelicots.
L'ancienne maison seigneuriale (vers 1640) de La Filonnière a eu pour propriétaire, de 1802 à 1818, le pamphlétaire Paul-Louis Courier. Le château actuel, de 1851, est construit en moellon et en pierre de taille pour les arêtiers et l'encadrement des ouvertures. La façade ouest est flanquée de deux tours évasées à la base. Le logis central est percé par cinq baies à chaque étage. Le toit est surmonté par un clocheton. Dans le parc, il y avait un pigeonnier carré et une chapelle construite vers 1750 pour Marie Maray.

A voir:
  • Le manoir privé des Durandières (fin du XVIe siècle) dont le logis, construit en pierres et en briques, est doté d'une petite aile en équerre, à l'opposé, d'un four à pain.
  • La grange dîmeresse du Maindret (XVIe siècle, reconstruite vers 1631)
  • Le moulin à eau du Pas-Doineau (XVIe et XVIIe siècles).
  • Les habitations troglodytiques dont une ancienne ferme du XVIIe siècle dans la vallée de Vaugareau.
Patrimoine disparu
1- Les anciens bains publics qui avaient été installés, au milieu du XXe siècle, dans les jardins de l'Hôtel-Dieu, à une époque où les maisons équipées de salles de bains étaient encore rares. Ils ont été détruits en 2014.
2- Le lavoir de l'ancien hôpital qui avait été construit en 1825.

Les lieux-dits: Beauregard, Beauvallon, Bel-Air, Bois-des-Haies-Rouges, Champroux, Chaud-Buisson, Claire-Fontaine, Coteau-Saint-Venant, La Barbinière, La Barre, La Bellaudière, La Besnerie, La Borde, La Borde-Buisson, La Bouge-au-Vin, La Bouque, La Bourdonnière, La Bourrelière, La Brunette, La Butte, La Caranderie, La Chantepleure, La Chaume, La Cossonnière, La Cour-aux-Mallets, La Croix-Naudin, La Croix-Verte, La Filonnière, La Fontaine, La Fredonnière, La Futaie, La Gauthièrerie, La Grande-Corvée, La Grande-Noue, La Grande-Viandière, La Grange-d'Ave, La Grange-de-Lournay, La Gruaudière, La Houdrière, La Houssière, La Maison-Neuve, La Mignonnerie, La Moissanderie, La Moutonnerie, La Perraudière, La Perrée, La Perruche, La Petite-Noue, La Petite-République, La Pie-Noire, La Pigeonnière, La Prairie-de-Luynes, La Prairie-de-Saint-Venant, L'Aqueduc, La Roberdière, La Romaine, La Rue-Barbier, La Rue-Sourde, La Sacqueminière, La Sécheresse, La Taupinière, La Thiousière, La Trotinière, La Vallée-de-Vaugareau, La Vallée-des-Traits, La Vieille-Tuilerie, Le Bas-Launay, Le Bréneau, Le Carroir, Le Clos, Le Clôton, Le Grand-Breuil, Le Grand-Moulin, Le Grand-Verger, Le Guénivier, Le Hallier, Le Haut-Verger, Le Maindret, Le Maupas, Le Mortier, Le Moulin-Bluteau, Le Moulin-Hodoux, Le Moulin-Neuf, Le Pas-Joineau, Le Petit-Verger, Le Pin, Le Pommier, Le Pont-de-Grenouille, Le Port-de-Luynes, Le Prieuré, Le Quart, Le-Saut-le-Sou, Le Turbais, Le Verger, Le Verger-Cotineau, Les Belleteaux, Les Brémonts, Les Breuils, Les Caves-Poupières, Les Champis, Les Doguins, Les Durandières, Les Éguillères, Les Fosses-Longues, Les Granges, Les Goulets, Les Haies-Rouges, Les Hamardières, Les Hauts-Cruchons, Les Hauts-Launay, Les Huquelières, Les Lapidaires, Les Marionnaux, Les Mortiers, Les Mortiers-Chaussés, Les Perrières, Les Piliers, Les Planches, Les Richardières, Les Rochs, Les Rosiers, Les Terres-du-Port-Bihaut, L'Hamelinière, Malitourne, Maumont, Moulin-Doré, Négron, Panchien, Port-Bihaut, Villefolette, Villegrignon, Villeronde
    Communes voisines: Ambillou, Fondettes, Pernay, St-Étienne-de-Chigny, St-Roch

        Blason de Luynes

        3 commentaires:

        1. Bravo pour votre site. Tourangelle et amoureuse de ma région, je découvre grace à votre site de nouvelles balades à faire dans notre joli département. Merci

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        2. Vous avez raison de faire (re)découvrir notre patrimoine (mé)connu.

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        3. Que de bons souvenirs, ayant du quitter Luynes et la touraine à grands regrets pour raisons professionnelles, je me délecte d'y retourner via ce genre de sites;
          Merci pour votre site...

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