Chemillé-sur-Indrois

Chemillé-sur-Indrois est un village du sud-est de la Touraine. Ses habitants sont appelés les Chemillois et les Chemilloises.
Il portait le nom de Chemilleium en 1125 (charte de l'abbaye de Villeloin). C'était un fief relevant du trésorier de l'église de Tours. De 1574 à 1786, il a appartenu à la famille du Chesne du Plessis. En 1786, il passa par alliance à la famille Perillault de Chambaudrié.
Coordonnées GPS de Chemillé-sur-Indrois: 1°09'59"E - 47°09'43"N
Code INSEE: 37069 - Code postal: 37460 - Superficie: 2487 hectares
Altitudes: de 82 à 142 mètres
L'église Saint-Vincent, construite au XIIe siècle (chœur et abside), a été modifiée aux XVIe (clocher et chapelle seigneuriale nord, dédiée à saint Claude, de 1580) et XIXe siècles (reconstruction et agrandissement vers l'ouest de la nef, fondation de la chapelle sud en 1874). Son clocher renferme une cloche de 1367 (la plus ancienne de Touraine) provenant de la Chartreuse du Liget.
Le chœur, couvert d'une voûte du XIXe siècle, sur huit nervures, est terminé par une abside semi-circulaire voûtée en cul-de-four. Extérieurement, l'abside présente une corniche de style berrichon.
Elle renferme une statue en bois (noyer) de la Vierge à l'Enfant datant de la seconde moitié du XIIIe siècle. Cette œuvre conserve des traces de polychromie. Elle a été restaurée en 2009-2010.
La statue en pierre de saint Claude a été réalisée au XIVe siècle.
Ce vitrail de la fin du XIIe siècle représente, de bas en haut, la mise au tombeau (Nicodème et Joseph d'Arimathie soutiennent Jésus dans son linceul), la crucifixion entourée de Marie et saint Jean, le Christ en majesté. Les deux panneaux supérieurs ont été restaurés au XIXe siècle, celui du bas est d'origine.
Ce vitrail de 1580 représente les deux fondateurs de la chapelle seigneuriale: Claude du Chesne, écuyer, et son épouse, Antoinette de Bauldry.
Ce vitrail (XVIe siècle) représente, à gauche, Pierre Rousseau en habit d’ecclésiastique (le prêtre du village vers 1520); à droite, des éléments de la Cène; en haut, Dieu le Père et des anges musiciens.
Le maître autel (XVIIe siècle) est en bois polychrome. A l'arrière, il comporte une armoire à chasubles.
Le siège d'officiant (XVIe siècle) est orné, sur le devant et sur les côtés, de panneaux à serviettes. Le dossier possède deux panneaux sculptés représentant saint Jean et saint Pierre sous des dais dont les draperies sont soutenues par des animaux. Ce dossier est surmonté d'une frise ajourée à décor flamboyant. Les montants sont amortis par deux figures de lions.
La chartreuse du Liget (fondée vers 1178 par Henri II d'Angleterre) était défendue par un mur d'enceinte (avec quatre échauguettes d'angle) du XVIe siècle.
Son portail principal (XVIIIe siècle) est orné de bas-reliefs représentant saint Bruno et saint Jean-Baptiste, patron du monastère (photo). Près de lui, le logis du prieur (XVIIe siècle) fut transformé en bâtiment agricole. En 1791, la bibliothèque de la chartreuse possédait 6900 volumes.
L'église abbatiale, dont la construction fut achevée en 1189, est en ruines. La nef et la façade (percée d'une porte en plein cintre à triple voussures) ont été conservées. La nef comprenait deux travées carrées suivies de deux travées barlongues. Elle était voûtée sur croisées d'ogives dont seuls les formerets sont demeurés. Ses hautes fenêtres sont en plein cintre et ses murs possèdent des poteries acoustiques. L'église était terminée par une abside semi-circulaire. Le clocher se trouvait au-dessus du chœur.
Au nord de l'église, un petit cloître, qui a disparu, se trouvait entre elle et le réfectoire qui n'existe plus aussi. Le grand cloître (de 95 mètres de long sur 30 mètres de large), qui avait été ruiné pendant la guerre de cent ans et les guerres de religion, fut totalement reconstruit en 1787. Seule sa galerie ouest a été conservée. Le reste fut détruit durant la Révolution.
Au sud de l'église, un château a été construit au XIXe siècle.
Le logis fortifié de La Corroirie, ancienne dépendance de la chartreuse, présente trois bâtiments (dont une chapelle) des XIIe et XIIIe siècles. Le logis d'habitation et la porte sont du XVe siècle.
Il reste, à l'ouest, une partie des douves qui entouraient la forteresse. A l'angle nord-ouest de l'enceinte, la porte principale, fortifiée, est une tour carrée surmontée par un chemin de ronde et des mâchicoulis. A sa base, elle est percée par une porte cochère et une poterne, jadis munie chacune d'un pont-levis, remplacé par un pont dormant. Près de cette porte et limitant la cour à l'ouest, se trouve le logis d'habitation qui aboutit, au sud, à une tour ronde ruinée. Du côté nord, attenant aussi à la porte, subsistent des communs.
La chapelle, de la fin du XIIe siècle, fut surélevée au XVe pour créer au-dessus de ses voûtes un étage défensif muni de meurtrières et un étage éclairé par des fenêtres en plein cintre, où conduit un escalier logé dans un avant-corps plaqué sur le tiers nord de la façade. Cette dernière présente une porte en plein cintre à deux rouleaux moulurés de tores. La nef unique est composée de deux travées voûtées en style angevin, sur croisées d'ogives et liernes profilées d'un tore, retombant sur les chapiteaux cubiques de colonnettes engagées reposant sur des culs-de-lampe. L'abside semi-octogonale, voûtée sur neuf nervures, présente à l'intérieur une arcature de sept arceaux en plein cintre dont cinq circonscrivent des fenêtres condamnées.
Au nord de la chapelle et adjacent à lui, se trouve un bâtiment du XIIe siècle dont le rez-de-chaussée formait, jadis, une salle unique comprenant plusieurs travées voûtées sur croisées d'ogives profilées d'un tore. Un étage, couvert en charpente, la surmonte.
A l'est et au nord du chevet de la chapelle, un autre bâtiment du XIIe siècle devait, autrefois, servir de grange ou de cellier. Entre l'ensemble de ces trois bâtiments et celui des communs, une porte en arc surbaissé, récente, a remplacé une poterne qui était munie d'un pont-levis à flèche. Cette poterne était flanquée, au nord, par une tour cylindrique aujourd'hui ruinée.
Du haut donjon, signalé en 1361, il ne reste rien. De même, les fortifications sud ont disparu.
Dans le bourg, le château privé de Chemillé date du XVIIe siècle mais il a été remanié au XIXe siècle. Il présente des fenêtres à croisée de pierre et une tour polygonale.
Le château privé de La Renardière (restauré au XIXe siècle) est constitué par un bâtiment rectangulaire d'un étage et d'un comble avec des lucarnes de pierre (XVIIe siècle) à fronton courbe. Il comprend aussi une aile en retour d'équerre et, au sud, une tourelle en encorbellement (XVIe siècle) coiffée d'une poivrière.
Les aqueducs souterrains gallo-romains de la Ronde reliaient Chemillé et Montrésor. Pour y accéder, le plus simple est de se rendre au parking du bureau de poste de Montrésor et de suivre les panneaux indiquant cet édifice.
Les deux puits du village ont des toits coniques.
Le lavoir de 1893 se trouve sur les rives de l'Indrois.
Le pigeonnier de La Bannerie, près de Montrésor, renferme 600 boulins (nids de pigeons).
De l'ancienne épicerie, il ne reste que l'enseigne.
Le lac de Chemillé (37 hectares), créé en 1979, fait partie d'un complexe de loisirs de 75 hectares.

A voir:
  • Le château privé de La Verrerie (XIXe siècle).
  • Le moulin à eau des Roches (1212), propriété de la commune depuis 1976.
  • La Fontaine Baratault, à l'Est du bourg, qui, selon une légende, est une fontaine de jouvence.

Les lieux-dits: Biardeau, Bois-Semé, Bournigal, Chambaudon, La Bannerie, La Basse-Verrerie, La Brouardière, La Chapellière, La Corroirie, La Croix, La Donnerie, La Dordinière, La Fouettière, La Fournerie, La Gaillardière, La Garmauzière, La Gaulterie, La Grangette, La Guignaudière, La Piaudière, La Renardière, La Tourtoirie, La Tuilerie-du-Liget, La Verrerie, La Vioutterie, Le Bois-Revenant, Le Boulay, Le Breuil, Le Châtellier, Le Chemin-Particulier, Le Grand-Gouard, Le Gros-Chêne, Le Liget, Le Moulin, Le Moulin-de-la-Ronde, Le Moulin-des-Roches, Le Moulin-du-Pont-Cornu, Le Petit-Gouard, Le Plessis, Le Pont-aux-Chèvres, Le Puits-Ferrand, L’Érable, Les Bournais, Les Chauvins, Les Faudières, Les Houssières, Les Milbeaux, Les Mouzets, Les Palets, Les Rouères, Les Sept-Frères, Les Touches, Marigny, Mon-Idée, Vente-à-Canon

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