Cravant-les-Côteaux

Cravant-les-Côteaux est un village du sud de la Touraine. Ses habitants sont appelés les Cravantais et les Cravantaises.
Il a porté les noms de: Cravent (vers 1127, charte de l'abbaye de Noyers), Ecclesia de Cravento (vers 1148, charte d'Engebault, archevêque de Tours), Creventum et Crevent (1209, charte de Marmoutier), Cravant (1124, charte de Pommier-Aigre), Parochia de Cravento (1290, cartulaire de l'archevêché de Tours), Cravant (XVIIIe siècle, carte de Cassini) et, enfin, Cravant-les-Côteaux (décret du 3 décembre 1936).
Ce fief, relevant du château de Chinon, fut acquis en 1624 par Marie de Bourbon-Montpensier, épouse de Gaston d'Orléans. Il sera conservé par les d'Orléans jusqu'en 1750.
Coordonnées GPS de Cravant-les-Coteaux: 0°20'49"E - 47°09'29"N
Code INSEE: 37089 - Code postal: 37500 - Superficie: 3821 hectares
Altitudes: de 27 à 121 mètres
L'église Saint-Léger du Vieux-Bourg a été construite à la fin du IXe siècle (nef) et modifiée aux XIIe (façade, chœur, abside et porte latérale sud), XIIIe (travée) et XVe siècles (charpente et chapelle latérale).
La  nef est parementée en petit appareil interrompu, dans la muraille sud, par des assises en appareil en feuille de fougère et par des assises en moyen appareil. Cinq fenêtres éclairaient la nef de chaque côté. Au nord, deux fenêtres ont été condamnées. Extérieurement, leur archivolte est moulurée de grosses billettes régulièrement espacées, et se continue sur le parement entre les fenêtre en formant des arcs en mitre. Sous ces arcs limitant des sortes de frontons triangulaires et entre les pieds-droits des fenêtres, les pierres du petit appareil sont disposées symétriquement au milieu de l'appareil moyen, de manière à dessiner des pyramides étagées.
Dans la façade ouest, une porte en plein cintre a été ouverte dans un massif en moyen appareil appliqué contre le petit appareil primitif. Cette porte a trois voussures moulurées d'un tore. La fenêtre qui la surmonte a remplacé, au XIIe siècle, la fenêtre primitive. La porte latérale sud, en plein cintre et à deux rouleaux, est circonscrites par une archivolte moulurée d'un gros câble. Jadis, cette porte était précédée par un portique qui fut supprimé à la fin du XIXe siècle. La nef est couverte en charpente avec bardeaux qui ont été refaits au XVe siècle.
Primitivement, cette nef se continuait, vers l'est, par une courte abside semi-circulaire voûtée en cul-de-four. Celle-ci fut détruite au XIIe siècle et remplacée par une travée carrée accompagnée, au sud, par une chapelle, et par un chœur et une abside semi-circulaire plus profonds.
La travée carrée fut voûtée, au XIIIe siècle, sur une croisée d'ogives profilées de deux tores séparés par un méplat et retombant sur les chapiteaux, ornés de feuilles, de colonnes engagées dans les angles. Cette travée est accompagnée, au sud, par une chapelle éclairée par une fenêtre à croisée de pierre. Cette chapelle est voûtée par un berceau brisé.
Le chœur, couvert par un berceau brisé, est éclairé au sud par une fenêtre en tiers-point dont le sommet garde l'amorce d'un remplage tréflé. Un important doubleau, soutenu par deux grosses colonnes engagées, le relie à l'abside semi-circulaire, voûtée en cul-de-four. Cette abside était, primitivement, éclairée par trois fenêtres en plein cintre dont la médiane était plus large. Elles s'ouvraient sous des arcs retombant sur des colonnettes engagées. De ces trois fenêtres, celle du nord a disparu et la médiane a été condamnée au XVIe siècle. A la même époque, le mur de l'abside fut surélevé en respectant, en partie, la corniche ornée d'un damier et soutenue par des modillons. Au nord de cette abside, fut construit un bâtiment carré renfermant un escalier conduisant au comble. L'abside est épaulée par trois contreforts-colonnes et éclairée par deux fenêtres reposant sur des bandeaux décorés de besants. Elles ont leurs archivoltes moulurées, l'une d'une ligne de quatre-feuilles, l'autre d'une ligne de chevrons.
Désaffectée depuis 1863, cette église a été achetée par la Société française d'archéologie en 1864.
Le chevet de cette église possède quelques modillons sculptés.
Elle renferme un petit musée d'art lapidaire présentant des pierres sculptées et des sarcophages. Deux piliers ornés d'entrelacs étaient ceux qui soutenaient le portique placé devant la porte latérale.
Sur un mur, on peut observer les vestiges d'une fresque représentant, à gauche, la Vierge à l'Enfant (XIIIe siècle) et, à droite, quatre personnages en prière (XVe siècle). Ces personnes seraient Georges de la Trémoille, Catherine de l'Île, sa femme, et leurs enfants.
Près de cette église, un logis privé date du XVe siècle mais sa façade a été remaniée au XVIIe siècle. Sa grange à croupe a été bâtie au XVIe siècle.
L'église Saint-Léger (église toujours fermée), au nouveau bourg, a été édifiée de novembre 1860 à 1865 selon les plans (en croix latine) de l'architecte Gustave Guérin. Elle comprend une nef à trois travées avec une voûte en berceau brisé, un chœur à voûtes ogivales, un chevet polygonal et deux chapelles à voûtes ogivales. Cet édifice a été consacré le 21 octobre 1865.
Le chevet est percé par trois fenêtres munies de vitraux signés par le verrier tourangeau Lobin. Ce vitrail représente saint Laurent et date de 1881.
La chapelle de la Madeleine date du XVe siècle. Sa façade est percée par une porte en arc surbaissé qui est surmontée par une fenêtre en tiers-point. Une autre porte latérale sud permettait aussi de pénétrer dans la nef unique rectangulaire. Cette nef était éclairée, au sud, par deux fenêtres en lancette. Elle était divisée en deux travées voûtées sur croisées d'ogives. Le chœur, creusé dans le rocher, est en ruines. Il communique, au sud, par un passage, avec une grotte qui était continuée, à l'ouest, par une construction dont l'arrachement se voit sur le parement de la muraille sud de la chapelle. Cette cave possédait une cheminée, dont le foyer était orné par deux croix pattées, creusée dans le rocher. Cette chapelle est l'un des vestiges du couvent des cordeliers situé à Panzoult.
Le dolmen ruiné de Briançon, surnommé le Gros-Chillou, mesurait environ 15 m de long et 3 m de haut.
La ferme privée de La Gabelle à Briançon (XVIe siècle) est située au bord de la Vienne, près du gué allant à Anché. Elle présente des vestiges de fortification (canonnières) au sud. Jadis, elle a été occupée par le lieutenant de la gabelle. Le trafic du sel s'était développé sur la Vienne car le Poitou, tout proche, fut exempté de l'impôt sur le sel vers 1530.
Le château privé de Cravant (dit le Vieux-Château) est, à l'origine, un manoir fortifié du XVe siècle dont il reste la base d'une tour carrée et un logis en ruines. Ce manoir avait été bâti sur l'emplacement d'un édifice plus ancien. Le château actuel a été achevé en 1556 et agrandi en 1560. Il comprend un pavillon, une tour d'escalier et une tour surmontée de mâchicoulis. Ces bâtiments occupent le côté ouest de l'enceinte rectangulaire où l'on pénètre, à l'est, par une porte accompagnée d'un guichet munis jadis de ponts-levis qui franchissaient les douves. Dans l'angle nord-est de cette enceinte, il subsiste une casemate et un souterrain du XVe siècle. En 1860, un bâtiment d'angle (XVIIe siècle), la chapelle et la fuye sont détruits. Sur la photo, au premier plan, on aperçoit un puits du XVe siècle avec une toiture du XVIIe siècle.
Le manoir privé des Berthaisières (XVIe siècle) possède un portail, accompagné d'un guichet, fortifié de 1574. Le logis présente une tour polygonale d'escalier à vis.
Le château privé de Sonnay a été reconstruit au XIXe siècle. L'édifice primitif était du XVe siècle.
Son parc renferme un pigeonnier (XVe siècle) sans toit contenant 2200 boulins (nids de pigeons).
Sa chapelle est de construction récente (2002). La chapelle primitive, placée sous le vocable de sainte Catherine, avait été fondée le 3 septembre 1446 par Jean Bernard, archevêque de Tours.
Le manoir privé de Nueil ou Neuil (XVIe siècle) présente une porte fortifiée en plein cintre, accompagnée par une poterne, et deux tours transformées en pigeonniers. Au sud, en bordure de la route, se trouve un long bâtiment du XVIIe siècle élevé d'un rez-de-chaussée et d'un comble éclairé par des lucarnes à fronton courbe. Deux frontons triangulaires surmontent des oculus.
Le manoir privé de La Bellonnière a été bâti au XVe siècle et remanié au XVIIIe siècle (façade est). Sa façade ouest, avec une tour polygonale d'escalier, a gardé l'aspect de la construction primitive. A l'intérieur, deux cheminées datent du XVIIIe siècle. La Bellonnière était un fief relevant de Cravant.
Le manoir privé de Givré date du XVe siècle mais a été modifié au XVIIIe siècle. Son entrée présente une double porte charretière et piétonne.
Le logis privé du Gâteau (1698) possède un pigeonnier carré (à droite du portail) renfermant environ 200 boulins. En 1482, Le Gasteau a pour seigneur Marc de Coutances et, en 1595, c'est un fief dépendant de la châtellenie de Cravant.
Le manoir privé des Bourdes (XVe siècle) a conservé une tour d'angle. C'était un fief cité dans un titre en 1554. A cette époque, son seigneur était Claude Sourdeau.
Le manoir privé de La Tesserie date de la fin du XVe siècle et a été agrandi au XVIIe siècle. En partie ruiné au début du XXe siècle, il a été alors reconstruit. Il possède une tour polygonale hors œuvre renfermant un escalier à vis.
Le manoir privé de Narçay est le fruit d'une série de constructions s'étalant du XVIe au XIXe siècle. Par la suite, il a été très remanié. Narçay était un fief relevant de Cravant. En 1298, il appartenait à Gilbert de Narçay, son premier seigneur connu.
Il existe quatre lavoirs: au hameau de Narçay (1ère photo), près du moulin du Tan (2ème photo), au vieux bourg de 1864, alimenté par une fontaine (3ème photo) et au nouveau bourg de 1870 (4ème photo).
Près du Monument aux Morts, on trouve un obusier.
Mais aussi un ancien pressoir à cage en bois.
Comme beaucoup de communes viticoles de Touraine, Cravant possède sa bouteille de vin géante (ici du Chinon 1995).
Au nord-est du village, cette table d'orientation permet de dominer la vallée de la Vienne. Une aire de pique-nique y a été installée.

A voir:
  • La ferme privée du Puy, ancien fief relevant de Cravant, est composée d'un logis seigneurial (XVIe siècle) agrandi en 1761 (aile en retour d'équerre).
  • Le logis privé des Bertinières fut bâti en 1885 par Augustin Rouet, instituteur à Cravant.
  • Le pigeonnier de Briançon.
  • Les habitations troglodytiques à La Croix-de-Bois.
Patrimoine disparu

- La chapelle Sainte-Catherine existait encore au XVIIIe siècle.

Les lieux-dits: Bois-Communaux-de-Cravant, Bois-d'Arçon, Bois-des-Battereaux, Bois-Goron, Bois-Masselin, Bois-Paillard, Bois-Poulin, Branche-Torse, Briançon, Butte-aux-Loups, Butte-des-Ajoncs, Butte-de-Vau-Gommier, Butte-du-Grand-Chemin, Carrefour-Mathé, Carroi-de-la-Jarrie, Chapelle-de-la-Madeleine, Chèzelet, Doulaie, Forêt-Communale-de-Cravant, Fosse-Sèche, Givré, La Basse-Tranche, La Bâtisse, La Bellonnière, La Boissée-Goron, La Bouchardière, La Brosse, La Caronnière, La Chaboissière, La Chapellerie, La Croix-Beugny, La Croix-de-Bois, La Friche-du-Château, La Grange-Lambert, La Hardonnière, L'Ajonc, La Jucaudrie, La Laiterie, La Lande-aux-Pères, La Loge, La Maison-Brûlée, La Maison-Rouge, La Noue, La Perrière, La Pièce-de-la-Levée, La Pinnetrie, La Piqueterie, La Poissonnerie, La Raguinière, La Rougerie, La Sablonnière, La Semellerie, La Tesserie, La Varenne, Le Berceau, Le Bois-de-la-Brosse, Le Boutreuil, Le Chêne-des-Hures, Le Gâteau, Le Grand-Parc, Le Grand-Vauvien, Le Jeu-de-Boules, Le Marais-du-Ponceau, Le Marchais-des-Cotterets, Le Morillé, Le Moulin-à-Tan, Le Petit-Éplin, Le Puy, Le Sauleau, Le Taille-Fer, Le Vau, Le Vauriau, Le Vieux-Bourg, Le Vieux-Château, Les Berthaisières, Les Boisseaux, Les Bouqueteries, Les Bourdes, Les Bruyères, Les Champignères, Les Folies, Les Fosses, Les Gains, Les Granges, Les Guindais, Les Jardins, Les Landes-du-Ruchard, Les Maisons-Bourdeaux, Les Morillés, Les Mouches, Les Poiriers-Minots, Les Rustaudries, Les Vignes-du-Ponceau, Malvault, Narçay, Nétiveau, Nueil, Pallus, Port-de-Chèzelet, Prairie-de-Chèzelet, Sonnay, Vallée-de-la-Bellasserie, Villeneuve

    Chambres d'hôtes (Bed and Breakfast)

    2 commentaires:

    1. Très joli village et très accueillant.
      Beaucoup de randonnées en forêt sont possibles.
      En hébergement, je recommande la chambre d'hôtes des Bertinières.

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    2. viendrait du gaulois krav (cailloutis, gravier)

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